LA PARTICIPATION DE LA SOCIETE CIVILE A LA REVISION DES LOIS DE BIOETHIQUE : REFLEXIONS SUR L’EUTHANASIE

Dossier du Docteur Jacques Hassin

pour France Audacieuse

La participation de la société civile à la révision des lois bioéthiques

2ème partie : Réflexions sur l’euthanasie

 

Propos liminaires

La question de la mort et du passage à cet état remonte à la source même de l’existence. Les grands philosophes de l’Antiquité faisaient même des réflexions sur la mort un moyen d’accéder à la sagesse. On ne peut pas envisager le débat d’une façon binaire dans un rapport simple d’opposition systématique. D’un côté les individus favorables à l’euthanasie et de l’autre, ceux qui y sont farouchement opposés. Les médias le font remarquablement bien. Il convient, au contraire, de penser et de comprendre la complexité du sujet. L’euthanasie révèle sans doute les maux de toute société – du moins occidentale – autour des conditions de fin de vie. Et ceci particulièrement autour des notions de dignité et de fin de vie. On pourrait philosopher longtemps sur la dignité de l’Homme. S’il est licite de parler d’une dignité de fin de vie, il est en revanche erroné d’évoquer une mort digne. La mort retire en effet le statut de personne humaine. On passe du monde biologique au monde physique. Si l’on considère la mort comme l’un des faits structurants de notre existence, le trépas est un passage obligé. Nous devons nous attarder sur l’état qui le précède. L’article 35 du Code de déontologie médicale stipule que le médecin doit respecter la dignité du malade. La dignité au caractère humain est « inaltérable, inaliénable et incessible » selon l’expression de Paul Ricœur [1]. Certes, mais encore ? Et en pratique ?